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Le carburant de demain est dans le «pipeline»

Dans le monde entier, des inventeurs sont en quête de combustibles susceptibles de remplacer les énergies fossiles, dont les réserves sont limitées. Voici trois exemples qui semblent très prometteurs aussi pour la propulsion des automobiles.

CO2 et eau

En 2015, dans une fabrique de Dresde, un combustible neutre en carbone, soit un e-diesel, a pu être réalisé. Le premier pas consiste à vaporiser de l’eau. Ensuite, par l’électrolyse, cette vapeur à plus de 800 °C est scindée en hydrogène et en oxygène. Ces deux processus, soit le chauffage et la scission, sont réalisés de manière écologique et durable. L’eau est chauffée grâce à la récupération de chaleur plus efficace que les méthodes classiques. L’électrolyse à haute température peut être adaptée en fonction des heures de pointe de la production d’électricité et se faire lorsque le réseau transporte une quantité particulièrement grande d’électricité éolienne et solaire. Ce e-diesel est conçu pour être mélangé à du diesel habituel ou employé comme seul carburant. La décision de l’achat de e-diesel sous sa forme pure dépend en définitive des coûts de production.

Micro-organismes

L’entreprise américaine Joule a développé une démarche analogue. Au cours d’un processus breveté, elle produit du carburant à l’aide de micro-organismes spéciaux dans un système modulaire extrêmement évolutif, le dénommé SolarConverter®. Grâce à l’énergie solaire, un carburant liquide est obtenu à partir de CO2 et d’eaux usées. Des micro-organismes, chacun d’un diamètre d’environ trois millième de millimètre, sont au cœur de ce système. Au lieu de miser sur la photosynthèse pour la formation de nouvelles cellules, ces micro-organismes produisent du carburant en continu. Pour cela, elle utilise les rayons solaires ainsi que le CO2 issu de déchets industriels tels que ceux des fabriques de sel ou des stations d’épuration. Ni surface agricole utile ni eau potable propre ne sont nécessaires. Il résulte de cette technologie les carburants e-diesel et e-éthanol. Le projet e-éthanol fournit un produit dont les propriétés chimiques sont les mêmes que celles du bioéthanol conventionnel, mais dont l’avantage décisif est que sa fabrication se fait sans biomasse.

Hydrogène

L’hydrogène pourrait servir de carburant pour les véhicules à piles à combustible. Toutefois, ce gaz ne peut être stocké et transporté que sous haute pression et refroidissement extrême peu compatibles avec le bilan écologique. Comme solution, l’entreprise néerlandaise veut réaliser un système H2Fuel avec le «H2Fuel» comme carburant. Grâce à ce nouveau procédé, l’hydrogène est stocké sous forme de liquide porteur dans des conditions atmosphériques normales. Au moment de l’utilisation, presque 100 % de l’hydrogène est libéré du liquide porteur. Ce carburant devrait être utilisé pour les moteurs à combustion courants et s’intégrer dans le réseau de distribution de combustibles fossiles existants. Susceptible d’être utilisée à large échelle, cette technologie doit encore être développée.

Les difficultés de la commercialisation

Plus les approches semblent prometteuses, plus la voie jusqu’à leur mise sur le marché est longue. Ces dernières années, de nombreux essais visaient au développement d’alternatives de carburants. Malheureusement, nombre d’entre eux ont donné des résultats peu encourageants. Gaz automobiles, nanométaux, méthanol, mélange benzine-méthanol, biodiesel (ester méthylique d’huile de colza) ainsi qu’émulsions diesel-eau n’ont pas passé les tests de flotte ou sont restés des produits de niche, voire ont disparu du marché en très peu de temps.